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friday lxxxviii bis

le baron s'en alla, se plaça devant la cheminée,
et parut pensif. il baissa le tête; mais son regard
était attaché sournoisement sur madame jules, qui,
ne pensant pas au jeu des glaces, jeta sur lui deux
ou trois coups-d'œil empreints de terreur. madame
jules fit un signe à son mari dont elle prit le bras,
en se levant pour se promener dans les salons.
quand elle passa près de monsieur de maulincour,
celui-ci, qui causait avec un de ses amis, dit à haute
voix, comme s'il répondait à une interrogation:

"c'est une femme qui ne dormira certes pas
tranquillement cette nuit..."

madam jules s'arrêta, lui lança un regard imposant
plein de mépris, et continua sa marche, sans savoir
qu'un regard de plus, s'il était surpris par son mari,
pouvait mettre en question et son bonheur et la vie
de deux hommes. auguste, en proie à la rage qu'il
étouffa dans les profondeurs de son âme, sortir
bientôt en jurant de pénétrer jusqu'au cœur de
cette intrigue. avant de partir, il chercha madame
jules afin de la revoir encore; mais elle avait disparu.

quel drame jeté dans cette jeune tête éminemment
romanesque comme toutes celles qui n'ont point
connu l'amour dans toute l'étendue qu'ils lui donnent!
il adorait madame jules sous une nouvelle forme,
il l'aimait avec la rage de la jalousie, avec les
délirantes angoisses de l'espoir. infidèle à son mari,
cette femme devenait vulgaire. auguste pouvait se livrer
à toutes les félicités de l'amour heureux; et son
imagination lui ouvrit alors l'immense carrière des
plaisirs de la possession. enfin, s'il avait perdu
l'ange, il retrouvait le plus délicieux des démons.
il se coucha, faisant mille châteaux en espagne,
justifiant madame jules par quelque romanesque
bienfait auquel il ne croyait pas. puis il résolut
de se vouer entièrement, dès le lendemain, à
la recherche des causes, des intérêts, du nœud que
cachait ce mystère. c'était un roman à lire; ou mieux,
un drame à jouer, et dans lequel il avait son rôle.



***


the baron turned away, placed himself before the fireplace and seemed
thoughtful. he bent his head; but his eyes were covertly fixed on
madame jules, who, not remembering the reflections in the mirror, cast
two or three glances at him that were full of terror. presently she
made a sign to her husband and rising took his arm to walk about the
salon. as she passed before monsieur de maulincour, who at that moment
was speaking to a friend, he said in a loud voice, as if in reply to a
remark: "that woman will certainly not sleep quietly this night."
madame jules stopped, gave him an imposing look which expressed
contempt, and continued her way, unaware that another look, if
surprised by her husband, might endanger not only her happiness but
the lives of two men. auguste, frantic with anger, which he tried to
smother in the depths of his soul, presently left the house, swearing
to penetrate to the heart of the mystery. before leaving, he sought
madame jules, to look at her again; but she had disappeared.

what a drama cast into that young head so eminently romantic, like all
who have not known love in the wide extent which they give to it. he
adored madame jules under a new aspect; he loved her now with the fury
of jealousy and the frenzied anguish of hope. unfaithful to her
husband, the woman became common. auguste could now give himself up to
the joys of successful love, and his imagination opened to him a
career of pleasures. yes, he had lost the angel, but he had found the
most delightful of demons. he went to bed, building castles in the
air, excusing madame jules by some romantic fiction in which he did
not believe. he resolved to devote himself wholly, from that day
forth, to a search for the causes, motives, and keynote of this
mystery. it was a tale to read, or better still, a drama to be played,
in which he had a part.

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cleaning up so well

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